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Archive de la Catégorie ‘Histoire’

Le cimetière de Prague

En attendant (avec impatience) un traduction:

Umberto Eco signe un nouveau roman intitulé “Le cimetière de Prague”

Umberto Eco, le symbole de la littérature italienne, s’apprête à publier un nouveau roman. Intitulé “Il Cimitero di Praga” (“Le cimetière de Prague”) cet ouvrage paraîtra en Italie chez Bompiani en octobre 2010. Dans un communiqué de presse, l’éditeur annonce que l’action de ce nouveau roman se situe dans l’Europe du XIX siècle. Umberto Eco livre ici l’histoire d’un espion, “engagé par les services secrets d’Europe Centrale”. Entre conspirations et complots, l’écrivain italien raconte la naissance des nations. Son personnage principal, espion cynique et menteur, est le témoin du nouvel échiquier politique qui se dessine pendant cette période cruciale sur le vieux continent. (source Radio Prague)

Nouvelle donne

Une nouvelle carte de l’Europe tres interessante… ou les pays europeens sont redistribues en fonction de leur histoire (plus ou moins) recente, et ou la Republique tcheque et la Belgique echangent leur place!

People who find their neighbours tiresome can move to another neighbourhood, whereas countries can’t. But suppose they could. Rejigging the map of Europe would make life more logical and friendlier.

(The Economist)

Redrawing the map: The European map is outdated and illogical. Here’s how it should look (The Economist, 29 April 2010). Voir aussi la video correspondante sur le blog: Eastern Approaches.

Belgium’s incomprehensible Flemish-French language squabbles (which have just brought down a government) are redolent of central Europe at its worst, especially the nonsenses Slovakia thinks up for its Hungarian-speaking ethnic minority. So Belgium should swap places with the Czech Republic. The stolid, well-organised Czechs would get on splendidly with their new Dutch neighbours, and vice versa.

Pour d’autres cartes plus ou moins originales, voir l’article… ”Cartes“.

Prague, 20 août 1968 : “L’histoire en train de se jouer”

VIDEO Le Monde – Prague, 20 août 1968 : “L’histoire en train de se jouer”

Julien Frydman, directeur de Magnum Photos Paris commente une image prise à Prague le 20 août 1968 par Josef Koudelka. Cette image est visible dans l’album “Reporters sans frontières 25 ans – Magnum Photos 101 photos pour la liberté de la presse”.

Ici bat le coeur du continent

Comment définir la “Mitteleuropa” ? Pour l’universitaire tchèque Jiří Trávníček, la région se caractérise par un rapport en perpétuelle évolution avec l’histoire, la géographie et la culture. Entretien.

L’Europe centrale existe-t-elle véritablement ?

C’est une question de point de vue. Si vous appliquez une grille de lecture rigide, mêlant l’histoire et la géopolitique, il vous sera difficile de distinguer clairement l’Europe centrale. En revanche, avec une grille de lecture plus nuancée, c’est-à-dire culturelle, vous pourrez trouver quelque chose de ce genre. L’Europe centrale est une espèce conceptuelle extrêmement sauvage. Il convient donc de la ménager. Elle n’a ni frontière, ni empire, ni territoire, qui sont toujours sources de querelles et d’hystérie, contrairement à la culture, même la plus basique (dont la culture culinaire), qui rassemble, relie les choses entre elles et cherche les points communs.

Le concept d’Europe centrale renvoie-t-il donc uniquement à une certaine atmosphère culturelle ou également à un territoire spécifique ?

On dit qu’il est avant tout lié à une certaine atmosphère, mais je pense que l’on doit également parler ici de territoire. Il convient de lui donner des contours concrets, aussi bien temporels que géographiques. Sinon, ce n’est rien d’autre qu’une chose éthérée. Je pense qu’il est possible de délimiter ainsi ce territoire : Munich à l’ouest, Szczecin et Gdansk au nord, Vilnius à l’est, Novi Sad et Trieste au sud… Si l’Europe centrale est concevable sans l’Allemagne, elle est impensable sans les Allemands et encore plus sans la langue allemande, dont la présence sur cet espace était dans le passé culturellement obligatoire.

Comment décririez-vous l’esprit centre-européen à un étranger ?

Je le définirais plutôt de façon négative. Je lui dirais qu’il diffère de ce qui fait l’Europe occidentale, dont les traditions sont bien établies, mais aussi de l’Europe de l’Est (la Russie principalement). Quelque chose entre ordre occidental, civilisation et Asie naissante, dont Metternich disait d’ailleurs qu’elle commençait sur la route orientale menant de Vienne à Rennweg. Je lui expliquerais également que le concept a résisté par gros temps politique. Et j’ajouterais que l’Europe centrale est intimement liée à l’expérience de l’exil. Dans les années 1980, des exilés comme Milan Kundera [né en Tchécoslovaquie et vivant en France depuis 1975] et Czeslaw Milosz [1911-2004, poète et romancier polonais, naturalisé américain, Prix Nobel de littérature en 1980], pour qui le fait que nous puissions être considérés comme une province soviétique était inacceptable, se sont beaucoup interrogés sur la signification du concept d’Europe centrale. Ils ont ainsi été amenés à parler d’“histoire volée” ou encore d’“Occident kidnappé”.

Dans les années 1990, nous avons tous retrouvé l’Europe, mais d’une certaine façon nous avons oublié de revenir en Europe centrale. Il y a aussi chez nous cette thématique très forte : celle du cadavre dans le placard. Considérez par exemple le cas de [l’écrivain hongrois] Péter Esterházy et son roman Harmonia Cælestis, dans lequel il parle avec la plus grande admiration de son père. Il fut révélé, après la publication, que son père avait collaboré avec la police communiste. L’écrivain a dû effectuer une mise au point [dans le livre Revu et corrigé]. En Europe centrale, il est recommandé de ne pas se réjouir ou encenser trop tôt, et donc de ne pas écrire de roman avant que les archives n’aient parlé.

A vous entendre, j’ai le sentiment que l’Europe centrale est liée au passé, à une époque qui n’est plus…

Il en a toujours été ainsi, plus ou moins, enfin en tout cas depuis 1918. L’Europe centrale a toujours baigné dans la nostalgie du passé – celui de l’époque austro-hongroise avant tout, mais également de l’avant-Yalta. Soit nous nous désolons, avec nostalgie, en pensant au passé, soit nous rêvons en imaginant l’avenir. Erhard Busek [politicien autrichien très impliqué dans les questions centre-européennes et balkaniques] a estimé que l’expression “Europe centrale” signifiait le refus du statu quo, la révolte contre ce que l’on appelle la realpolitik. Il s’agirait d’une sorte de présence différée.

On utilise aujourd’hui principalement l’expression “Europe centrale” pour indiquer qu’on n’appartient pas à l’Europe de l’Est. Etes-vous d’accord ?

Oui, mais ce n’est pas propre à l’époque actuelle. Ainsi, après 1989, l’expression a pu être invoquée par les Slovènes, les Croates, les habitants de la province de Voïvodine [en Serbie] et également par quelques Serbes pour signifier une “sortie des Balkans”. J’ai rencontré également quelques Biélorusses qui cherchaient dans l’Europe centrale le moyen de se distancier de Loukachenko, c’est-à-dire de rompre les liens avec le Big Brother de l’Est, un moyen de trouver rapidement une identité de rechange et une nouvelle voie géographico-culturelle…

(lire l’integralité de l’article de Ondřej Horák, journaliste tchèque à la rubrique culturelle du quotidien pragois Hospodářské Noviny)

Nostalgie…

… ou memoire courte? Quoi qu’il en soit, une agence de voyage profite du filon “c’etait bien mieux avant” et propose des sejours pour les nostalgiques des vacances d’avant 1989, sous le regime communiste.

Czechs rebrand communist holidays

A Czech travel agency is offering package holidays for people nostalgic for the trade union perks of communist Czechoslovakia, when factory workers were bussed off to recuperate from the daily grind. For a modest sum, guests can stay at a grim-looking hotel in Slovakia’s Tatra Mountains, to relive the sights, sounds, and smells of pre-1989 holidays (lire la suite sur BBC News)

Václav Havel, l’éternel insurgé

Je suis alle voir ce documentaire projete hier soir a l’Institut français de Prague: ”Václav Havel, l’éternel insurgé“, de Jarmila Buzková. La realisatrice etait presente, tout comme l’Ambassadeur de France en Republique tcheque ou le frere de Vaclav Havel, Ivan Havel, qui aparait d’ailleurs dans le film (il semblerait que Vaclav Havel avait egalement prevu de participer a cette projection mais n’a finalement pu pour cause de maladie… dommage).

Le documentaire se demarque des autres que j’ai pu voir sur le sujet par le nombre d’images tirees d’archives personnelles et non uniquement d’archives officielles: images d’enfance et de cette grande bourgeoisie dont Havel est issu (sont grand-pere construisit le complexe culturel Lucerna) et qui devra faire face, apres la guerre, au coup communiste. Ou encore de l’euphorie des annees 60 et des premiers succes, puis de l’enfermement lors de la normalisation. Un peu dommage que le format d’Arte se limite a 45 minutes, car j’aurais aime ecouter un peu plus les commentaires de Mr Havel sur le monde ou sur lui-meme, ses reussites ou ses echecs - souvent avec humour, parfois avec ironie, toujours avec beaucoup de lucidite. Un tres, tres grand homme.

Quelques articles sur le documentaire lus ce matin:

Un nouveau documentaire sur Václav Havel signé Jarmila Buzková (Radio Prague)

New documentary on Havel screened at French Institute in Prague (Prague Monitor)

Biographie de Václav Havel (Wikipedia)

Heures sombres 2

No comment, si ce n’est un pincement au coeur devant un tel gachi, surtout en voyant ce qu’est maintenant ce terrain vague en plein centre de Prague, tout pres de cette autre horreur communiste qu’est la Magistrala – cette pseudo-autoroute qui traverse Prague. En esperant que d’autres gares (Masarykovo nádraží, nádraží Vyšehrad…) ou meme monuments (les “invalides” de Karlin…) n’auront pas le meme sort, de nos jours (on s’approche pourtant dangereusement du point de non retour dans ces trois cas – bientot toute reconstruction sera tout simplement impossible).

L’ancienne Gare « Ernest Denis » de Prague, un monument sacrifié à l’arrogance du pouvoir
Il y a 25 ans s’effondrait dans un nuage de poussière la Gare de Těšnov à Prague. 400 kilogrammes d’explosifs ont balayé l’édifice qui était considéré comme une des plus belles gares d’Europe centrale. Aujourd’hui cette démolition est considérée comme un acte de vandalisme et la Gare de Těšnov est devenue le symbole de tous les monuments historiques sacrifiés à l’arrogance des autorités. (lire la suite sur Radio Prague)

Voir aussi cet article et video (en tcheque).

Heures sombres

1998. L’equipe de France de football est sacree championne du monde de football. Tous les joueurs sont des heros qui defilent sur les Champs Elysees devant une foule innombrable et en liesse. Debut 1999, tous les membres de l’equipe nationale sont arretes pour trahison, espionnage et subversion, et condamnes a de lourdes peines de prisons.”

Inimaginable? Scenario irrealiste? Uchronie?

Surement en France dans les annees 90. Mais c’est ce qui arriva il y a soixante ans a Prague a douze joueurs de l’équipe de Tchecoslovaquie de hockey: en mars 1950, la justice communiste condamne a de lourdes peines d’emprisonnement et de travaux forces dans des mines d’uranium la majorite des joueurs (ages d’une vingtaine d’annees a peine) pourtant champions du monde en titre et consideres comme des heros nationaux…

Lire l’article Radio Prague: Il y a 60 ans, les hockeyeurs champions du monde étaient envoyés dans les camps d’internement communistes.

Camarade

“Que venez-vous faire, camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit”
  (Jean Ferrat, 1968) – écouter

Chicagoland

Peu d’activities ces derniers temps suite a un deplacement a Chicago. J’y ai trouve un livre tres interessant: “Czechs of Chicagoland” (Malynne Sternstein, Arcadia Publishing – 2008) qui retrace, avec de nombreuses illustrations, l’emigration tcheque vers Chicago depuis la moitie du XIXeme siecle jusqu’a nos jours:

Chicago was once the second-largest Bohemian city outside the Czech lands. The Czechs first settled, serendipitously, behind the notorious O’Leary barn. Spared the Great Fire of 1871, they were displaced several blocks south by the ensuing land crush. There they built more permanent quarters in the community that became known as Pilsen, a neighborhood whose name and architecture survive to recall its Bohemian origins. The thriving Czechs soon began a century-long move westward from Lawndale to Cicero to Berwyn, and today they flourish across the western suburbs. From the desolation of the 1915 Eastland disaster, in which hundreds of victims were of Czech descent, to the triumphant Depression-era election of Czech-born mayor Antonín Cˇermák, Czechs of Chicagoland depicts how the Czech community and its great leaders, benevolent societies, and charitable and social organizations have shaped and continue to shape the course of Chicago’s history.”

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