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Chroniques praguoises

Merci Arte  pour ces chroniques praguoises!!! Je viens de les decouvrir: 24 episodes pour ce feuilleton de la presidence tcheque – a voir et a revoir, pour le meilleur et pour le pire. Une serie qui d’ailleurs n’en finit toujours pas…

À l’occasion de la présidence tchèque de l’Union européenne, faisons mieux connaissance avec le personnel politique, les médias et l’humour tchèque. Par Alexander Knetig 

0 ) En guise d’introduction: La République tchèque face à une présidence difficile

1 ) Pour les six mois de la présidence tchèque, Václav Klaus s’entraîne déjà…

L’année politique tchèque commence traditionnellement avec l’allocution du Nouvel An du président de la République. Cette année, la télévision tchèque a pourtant montré ces images tournées quelques minutes avant le discours prononcé par le président Klaus depuis le château de Prague.

2 ) Entropa : une oeuvre tchèque scandaleusement intéressante

L’idée initiale du projet Entropa était politiquement très correcte : 27 artistes européens devaient élaborer sous la direction du célèbre plasticien tchèque David Černý une sculpture montrant une image caractéristique de chacun des 27 États membres de l’Union. Le résultat, installé désormais pour six mois dans les locaux de la Commission européenne à Bruxelles, est cependant quelque peu différent. Il a été réalisé par Černý et ses équipes, sans participation d’autres artistes européens. Et on ne peut pas dire qu’il soit politiquement très correct. Mais découvrez-le donc par vous-même…

3 ) Mirek Topolánek : Premier ministre entre carotte et bâton

Cela fait un mois qu’il est président de l’Union européenne (UE). Cependant, Mirek Topolánek, 52 ans, continue à être totalement inconnu en Europe. Or, en accord avec la Constitution tchèque, son statut de Premier ministre fait de lui depuis le 1er janvier 2009 le nouveau président de l’UE pour les prochains six mois. Nicolas Sarkozy l’avait déjà prévu dans Les Guignols de l’info…

4 ) Permettez-moi de me présenter : Karl von Schwarzenberg…

Des sourcils broussailleux qui cachent un regard mélancolique, un accent d’Europe centrale dans toutes les langues qu’il parle (tchèque, allemand, anglais, français…) et l’obligatoire nœud de papillon. Voici Karl Johannes Nepomuk Josef Norbert Friedrich Antonius Wratislaw Mena von Schwarzenberg (Karl VII de Schwarzenberg pour les intimes), le ministre des Affaires étrangères tchèque. Jusqu’au 30 juin, c’est lui qui présidera le Conseil de l’Union européenne. Et ce célèbre rejeton de la très vieille noblesse austro-hongroise a depuis longtemps des idées précises sur ce que cela veut dire être véritablement européen…

5 ) Alexandr Vondra, la présidence et ses ennemis préférés

« Gaza, le gaz russe – et paf, on y est jusqu’aux oreilles », a-t-il observé sur son blog le 10 janvier 2009. Alexandr Vondra – Saša, comme l’appellent ses amis (tel son ancien homologue français Jean-Pierre Jouyet) – est bien conscient que cette présidence tchèque va être longue et douloureuse. Surtout pour lui, car en tant que Vice-Premier ministre aux Affaires européennes, il a dû la préparer et il est partiellement responsable de ses résultats. Jusqu’à présent, au moins, cet atlantiste et libéral convaincu a su trouver des mots clairs…

6 ) L’affaire Rath… une fois de plus

Il a accusé le gouvernement de Mirek Topolánek de corruption. Il a traité le Premier ministre de « fainéant pathologique » (et s’est fait insulté de « petit insecte de m… » par ce dernier en pleine session parlementaire). Il vient de commettre une nouvelle bourde en suggérant de combattre la crise avec des remèdes nationaux-socialistes. Le député social-démocrate David Rath, sénateur de la Bohême centrale et porte-parole de son parti au Parlement, aime faire un travail d’opposition intransigeant. Bien que parfois son style dérange. Exemple : son altercation avec l’ancien député de centre droit Miroslav Macka, dont il avait dit publiquement : « sa femme ne l’a épousé que pour l’argent, celui-là ».

7 ) Drôle de session parlementaire…

La politique vous semble souvent ennuyeuse ? Vous trouvez les conversations entre responsables politiques techniques et arides ? Vous n’avez pas encore suivi une session parlementaire en République tchèque. Car quelques jours seulement après son approbation du traité de Lisbonne, le Parlement tchèque est devenu un haut lieu de bonne humeur. Et pour le Premier ministre Mirek Topolánek et son ministre de l’Intérieur Ivan Langer, il n’y a rien de plus drôle que de s’éclater un matin entre amis dans la Chambre des représentants, en attendant le député Jan Kasal, censé ouvrir la session du vendredi 20 février…

8 ) Bouclier antimissile ? Quel bouclier antimissile ?

Cela faisait longtemps que l’on n’avait plus entendu parler du système de défense antimissile en République tchèque et en Pologne. Et pour cause, car ce sujet fait monter la nervosité dans les cercles gouvernementaux à Prague : une très large majorité des Tchèques est contre le projet, comme l’a montré une récente manifestation le 24 février 2009 devant le siège de la Présidence à Bruxelles. Ou cette vidéo, tournée lors de la «Journée nationale des Invisibles » célébrée en décembre 2008 dans les principales villes du pays.

9 ) L’État tchèque nationalise la cathédrale de Prague

Par ces temps de crise, des nouvelles de nationalisations partout en Europe nous parviennent presque quotidiennement. Ainsi, des usines, des petites entreprises, des grandes banques et d’énormes dettes passent du secteur privé dans le domaine public. La République tchèque, où la crise ne bat pas encore son plein n’en est pas là. À Prague, on préfère plutôt nationaliser la cathédrale Saint Guy…

10 ) Michael Kocáb superstar

Il est un des rockeurs les plus connus et les plus appréciés du public. Depuis trente ans, Michael Kocáb est la voix d’une République tchèque artistique, intellectuelle, subversive. Derrière son look de Bono Vox se cache une créativité à la Björk. Dans ses vidéo-clips, le musicien combine ainsi références artistiques et ambiance psychédélique…

11 ) L’affaire du rire et de l’oubli

Juste au moment de la publication le 26 mars de son nouvel ouvrage Une rencontre en France, Milan Kundera a reçu l’honneur d’entrer dans les livres d’histoire en République tchèque : pendant le semestre d’été 2008-2009, des étudiants en journalisme à Prague et à Brno se pencheront sur son cas. Malheureusement, l’auteur de L’insoutenable légèreté de l’être ne sera pas cité comme grande référence littéraire ou courageux dissident politique. Les livres universitaires utilisés dans les séminaires le prendront comme exemple pour expliquer l’ambivalente relation entre les intellectuels et le régime communiste entre 1948 et 1989.

12 ) Mélodrame en trois actes

Les critiques de la presse étrangère ont été désastreuses : « Nos pires craintes se sont faites réalité », se lamente El País en Espagne. « On ne peut plus se permettre d’avoir des stagiaires de six mois » à la tête d’une troupe « aussi hétéroclite », se plaint la TAZ à Berlin. Et le Díario de Notícias à Lisbonne s’inquiète : « Il faut voir si ce dernier coup de théâtre n’était pas celui de trop ». Ce qui sonne tout d’abord comme une pièce terriblement mal mise en scène par un directeur sans talent aucun fut, en réalité, une des principales nouvelles politiques de la semaine en Europe : la chute prématurée du gouvernement tchèque, au beau milieu de sa présidence de l’Union européenne (UE).

13 ) Obamania à Prague

Samedi, 4 avril 2009, 20h30. Avec un retard de deux heures, l’avion Air Force One atterrit à l’aéroport de Prague–Ruzyně. Depuis des jours, la capitale tchèque est en état d’urgence : le centre ville est bouclé, tous les édifices publics sont fermés, des milliers de policiers défilent dans les rues. Toute la cité est atteinte par l’Obamania. Une occasion pour le très américanophile président de la République tchèque, Václav Klaus, d’accueillir l’hôte tellement attendu. Mais le tapis rouge déroulé et accompagné d’une marche militaire de plusieurs minutes semble ennuyer quelque peu la First Lady Michelle Obama.

14 ) Technique, ce nouveau gouvernement tchèque…

« Gouvernement technique ». Voici le nouveau mot d’ordre au château de Prague. Malgré l’accord « à l’amiable » entre l’exécutif tchèque récemment déchu et l’opposition, Mirek Topolánek et son équipe ne continueront pas à gouverner jusqu’à la fin de la présidence en juin. Le parti social-démocrate tchèque (ČSSD), principale formation de l’opposition, a posé son veto. Mais quelques heures plus tard, un autre compromis fut trouvé : juste après les fêtes de Pâques, un gouvernement de transition prendra les rênes du pays. Il sera dirigé par un certain Jan Fischer. Vous ne le connaissiez pas ? Nous non plus.

15 ) Jiří Paroubek, l’homme dans l’ombre

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton des dernières semaines : à la suite de la chute du gouvernement tchèque de Mirek Topolánek, un autre gouvernement « technique » a pris les rênes du pays jusqu’à l’été, afin d’assurer tant bien que mal la présidence tchèque de l’Union européenne. L’homme qui a eu l’idée de ce compromis est le même qui a fait chuter le gouvernement Topolánek : Jiří Paroubek, le chef du parti social-démocrate tchèque (ČSSD). Et il ne s’agit pas d’un inconnu : en effet, M. Paroubek était lui-même à la tête du gouvernement en 2006-2007. Une période assez mouvementée…

16 ) La bière, fierté nationale

Les dernières semaines n’ont pas été simples pour tout Tchèque fier de l’être : la crise économique commence à se faire sentir, le pays ne possède plus de gouvernement opérationnel et toute l’Union européenne rit de cette classe politique qui n’a pas été capable de faire primer l’intérêt général sur son intérêt particulier… Mais en pleine dépression, ce fut précisément la Cour de justice européenne qui a apporté du soulagement à la nation. Elle a décidé que la bière « Budweiser » était définitivement tchèque et non américaine. Il paraît que, même outre-Atlantique, les connaisseurs de bière ont donné leur verdict il y a bien longtemps…

17 ) Le hockey ou rien

Lorsque vous aurez l’occasion, au cours des prochains jours, de consulter les unes des principaux journaux tchèques, vous serez surpris par ce que vous y verrez. Les grèves du 1er Mai et la grippe porcine ont beau défrayer la chronique un peu partout en Europe : pour les Tchèques, il y a bien plus important que cela. Car, du 24 avril au 10 mai, se tient en Suisse le championnat du monde de hockey sur glace. Pendant ce temps, les rues et les bars de Prague se remplissent dès l’après-midi pour voir jouer une équipe nationale qui fait la fierté de tout le pays – et cela depuis plus de soixante ans…

18 ) Entrée en fonction d’un gouvernement condamné à être éphémère

Il y a quelques semaines, nous vous avons parlé du « gouvernement technique » qui allait prendre les commandes de la République tchèque entre mai et octobre, lorsque se tiendront les élections législatives anticipées. Samedi 9 mai, ce nouveau gouvernement de transition a été nommé par le président Václav Klaus. A première vue, on y trouve de (très) nombreuses têtes inconnues et on peut constater que l’équilibre politique du pays en est encore plus fragilisé. Mais voyez donc…

19 ) Václav Klaus : « Nous sommes un pays de lâches, de petits et de faibles »

Au cours des mois précédant la présidence tchèque de l’Union européenne, tout l’establishment politique européen avait peur de Václav Klaus. Mais le président tchèque a été étonnamment discret au cours des derniers mois. Il faut dire que l’émoi dramatique suscité par son gouvernement ne lui a guère laissé de place sur le devant de la scène politique. Les semaines dans l’ombre sont terminées : début mai, le Sénat tchèque a enfin ratifié le traité de Lisbonne. Or, Václav Klaus avait tout fait pour retarder ce vote. Face à son ultime déroute, il est à nouveau monté au créneau. Et cela dans une allocution télévisée dans un style mordant, paranoïaque, sarcastique, en un mot : inimitable…

20 ) Les Vietnamiens, une minorité bien visible en République tchèque

Ces Chroniques vous ont peut-être donné envie, au cours des derniers mois, de voyager cet été en République tchèque. Outre les centaines de châteaux, les églises baroques et les étangs paisibles, vous trouverez partout des petits magasins rouges où vous pourrez vous ravitailler en Phở Bo, Phở gà et Phở tái lăn. Ces soupes vietnamiennes ne sont pas typiquement tchèques, me direz-vous ? Eh bien, figurez-vous qu’elles le sont devenues au cours des vingt dernières années car les Vietnamiens sont désormais une minorité active et très présente. Tellement active même qu’ils viennent de lancer début mai une nouvelle chaîne de télévision, Ethnic TV. Une chaîne bilingue avec de la musique, du sport, du théâtre, des reality show, qui n’a rien à envier aux chaînes tchèques généralistes…

21 ) Qui se cache derrière les lanceurs d’œufs…

Un spectre hante la classe politique tchèque : le spectre des « vajíčkáří ». Ce néologisme très récent désigne les lanceurs d’œufs qui ont décidé d’investir les meetings du parti social-démocrate (ČSSD) pour la campagne des élections européennes. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Et quelles sont leurs revendications ? Personne ne le sait vraiment. Mais une chose est sûre : ils sont motivés, bien organisés et ils ont tout particulièrement une dent contre le leader social-démocrate Jiří Paroubek. Voici ce qui s’est passé il y a une semaine dans le quartier d’Anděl dans l’ouest de Prague…

22 ) Une élection et que des perdants

28,4%. De participation, pas d’abstention. Un score dérangeant pour la démocratie tchèque et européenne. Mais le système politique tchèque est loin d’être le seul perdant du scrutin qui s’est déroulé les 5 et 6 juin dans le pays qui tient depuis janvier la présidence de l’Union européenne. Car, peu importe s’ils ont gagné ou perdu des voix, tous les partis et les hommes politiques tchèque sortent affaiblis de ces élections. Et cela malgré une campagne assez intense cette année, comme le prouvent ces deux vidéos du Parti social-démocrate (ČSSD) et du Parti démocratique des citoyens (ODS, centre droit).

23 ) La débâcle

En janvier 2009, une présidence tchèque naissante avait promis, pleine d’enthousiasme « plus de douceur » à l’Europe. L’équipe gouvernementale autour du Premier ministre Mirek Topolánek, du ministre des Affaires étrangères Karl Schwarzenberg et du Vice-Premier ministre aux Affaires européennes Alexandr Vondra voulait gérer la crise économique, créer une « Europe sans frontières », garantir la sécurité énergétique de l’Europe et, surtout, intéresser à nouveau sa population au projet européen. Six mois après, ce gouvernement n’existe plus. Les réponses à la crise économique internationale sont restées exclusivement nationales. Une crise institutionnelle profonde et des particularismes régionaux rendent pour le moment impossibles de futurs élargissements. La République tchèque est un des pays qui respectent le moins les accords énergétiques de l’Union européenne. Et 72% des Tchèques ne sont pas allés voter lors des dernières Européennes. Après six mois, l’addition de la présidence tchèque s’annonce donc salée…

24 ) « Domov », le mot de la fin

Au cours des six derniers mois, nous avons tenté de vous faire connaître cet étrange pays qu’est la République tchèque, avec sa vie politique baroque, son humour bien particulier et sa culture subversive. Nous voilà arrivés en juin – et la présidence tchèque de l’Union européenne arrive (heureusement pour l’Europe) à sa fin. Ce tour d’horizon que nous avons effectué ensemble pendant toutes ces semaines ne saurait être complet sans que la langue tchèque ait le dernier mot. Ce dernier mot est « domov ». « Domov », c’est la maison, le chez soi. Et, depuis toujours, en France, en Europe et sur les autres continents du monde, ce mot m’accompagne partout. Il s’agit sans doute du mot le plus tchèque qui soit. La preuve : l’hymne national s’appelle « Kde domov muj », « Où est mon chez moi »…

25 ) Et pour conclure: la présidence tchèque de l’Union européenne vue par les Tchèques eux-mêmes. Humour en prime « nous avons salé l’Europe »

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