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Ces peurs bien françaises qui paralysent la société

Plusieurs articles du journal Le Monde parus cette semaine tente d’analyser le « mal etre » de la societe francaise. Tres interessant, surtout vu d’ailleurs et ayant connu le systeme scandinave pour y avoir travaille (d’ailleurs cite en exemple plusieurs fois, avec son double aspect protection mais flexibilite), et maintenant le systeme tcheque (d’une certaine maniere proche du systeme francais en ce qui concerne l’importance du status, mais beaucoup plus liberal et offrant peu de protection).

« Ces peurs bien françaises qui paralysent la société: (…) la France est enfermée dans un terrible cercle vicieux : la société française a peur et cette anxiété induit des stratégies individuelles et des politiques publiques qui, en fin de compte, alimentent et entretiennent la peur »

« Toute réforme sera perçue comme une remise en cause d’un statut acquis » par Eric Maurin, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), qui publie « La Peur du déclassement » (Le Seuil, « La République des idées« ), un essai décapant et passionnant sur les peurs françaises.

« Dans notre vieille société hiérarchique, la dignité sociale est historiquement attachée à la conquête et à la conservation d’un statut. C’est un phénomène qui n’a guère d’équivalent dans les pays anglo-saxons ou scandinaves. Ce qui a changé depuis l’Ancien Régime, c’est que les statuts ne s’héritent plus de père en fils, mais doivent se reconquérir à chaque génération, au terme d’une lutte généralisée. Dans un tel contexte, chacun commence sa vie avec la crainte de ne jamais trouver sa place, et la finit avec l’angoisse de voir les protections chèrement acquises partir en fumée ou ne pas pouvoir être transmises à ses enfants. Une telle société est particulièrement difficile à transformer, parce que toute réforme paraît léser une génération au profit d’une autre. »

« L’immense majorité des Français reste en fait à l’abri de la déchéance sociale. A l’inverse, la peur du déclassement est ressentie par l’ensemble de la société, y compris par les classes moyennes et supérieures, celles qui ont le plus à perdre. Cette peur est la conséquence de politiques publiques qui, depuis cinquante ans, ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que le soutien de ceux qui n’en ont pas. »

« La valeur des diplômes a très fortement décliné en trente ans« , chat avec le sociologue Louis Chauvel, professeur à Sciences-Po.

« C’est vrai que le modèle méritocratique français est très spécifique. Partout dans le monde hors de France, la méritocratie, c’est le talent plus l’effort. En France, c’est le concours réussi à l’âge de 20 ans. »

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