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Václav Havel, l’éternel insurgé

Je suis alle voir ce documentaire projete hier soir a l’Institut français de Prague: « Václav Havel, l’éternel insurgé« , de Jarmila Buzková. La realisatrice etait presente, tout comme l’Ambassadeur de France en Republique tcheque ou le frere de Vaclav Havel, Ivan Havel, qui aparait d’ailleurs dans le film (il semblerait que Vaclav Havel avait egalement prevu de participer a cette projection mais n’a finalement pu pour cause de maladie… dommage).

Le documentaire se demarque des autres que j’ai pu voir sur le sujet par le nombre d’images tirees d’archives personnelles et non uniquement d’archives officielles: images d’enfance et de cette grande bourgeoisie dont Havel est issu (sont grand-pere construisit le complexe culturel Lucerna) et qui devra faire face, apres la guerre, au coup communiste. Ou encore de l’euphorie des annees 60 et des premiers succes, puis de l’enfermement lors de la normalisation. Un peu dommage que le format d’Arte se limite a 45 minutes, car j’aurais aime ecouter un peu plus les commentaires de Mr Havel sur le monde ou sur lui-meme, ses reussites ou ses echecs – souvent avec humour, parfois avec ironie, toujours avec beaucoup de lucidite. Un tres, tres grand homme.

Quelques articles sur le documentaire lus ce matin:

Un nouveau documentaire sur Václav Havel signé Jarmila Buzková (Radio Prague)

New documentary on Havel screened at French Institute in Prague (Prague Monitor)

Biographie de Václav Havel (Wikipedia)

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  1. 7 avril 2010 à 10:59

    Il me reste in certaine nostalgie de ces grands hommes qui, par leurs actes, donnent un sens à l’histoire.
    De mon petit fauteuil douillé, bien au chaud en France, j’imaginais la grandeur d’âme, la vision, les combats… enfin pour faire court, je n’y connaissais rien et j’en faisais un fromage !
    Aujourd’hui je vis en CZ et je vois ce temps rêvé avec un nouveau regard. J’écoute aussi la voix des autres qui ne pensent pas que les images bien léchées données aux medias étrangers soient la plus stricte vérité, une vérité certes, mais la Vérité ?
    Je ne viens pas ici remettre en cause cet homme qui aida son pays. Les faits sont la, le pays est libre. Il a fait ce qui lui semblait nécessaire et le résultat n’est pas si mal. On vit et on meurt comme partout, pas pire qu’ailleurs en somme.
    Mais faut il tout faire pour être un grand homme, ou « ne pas tout accepter » c’est justement cela être un grand homme.
    De grands hommes, de grandes choses, mais semble-t-il, de petits arrangements. On dit qu’Havel aurait été emprisonné dans l’optique de lui donner une stature digne de l’opposant qu’il voulait incarner. Le constat est simple, il n’est pas possible d’inspirer une révolution, si douce fut-elle, depuis les assises d’un salon. Certains pensent a un enferment de complaisance !?
    Je ne sais pas si c est vrai.
    J’aime toujours les grandes Histoires, donc, bénéfice du doute oblige, je colle a la réalité écrite des vainqueurs, mais il subsiste un arrière gout de modernité politique dans l’approche qui m’inquiète. Un peu de « real politique » et de communication avant l’heure des « Spin Doctors ».
    L’enfermement fut réel, mais quid de ces rumeurs, quid du temps « heureux » du camp de travail? J’admets qu’il n’est pas nécessaire de vivre mal dans le temps de la répression, mais alors que reste-t-il de la légitimité souhaitée, appelée de tous vœux?
    C’est ce que je me demandais en écoutant quelques tchèques qui ne croient pas à l’Histoire.

  2. larchiviste
    7 avril 2010 à 13:13

    Nul n’est prophete en son pays… Et encore plus ici qu’ailleurs, ou toute reussite, tout accomplissement quel qu’ils soient sont vus avec suspicion, envie, voire rejet ou denigrement. C’est le cas de Havel, mais aussi de quelqu’un comme Kundera (qui pourtant decrit si bien tout ceci).
    Je ne pense pas de mon cote que le personnage est a remettre en cause (ou source de doutes). Je vois plutot cela comme un de ces moments de l’Histoire ou tout devient possible, avant qu’une certaine normalisation reprenne le dessus. Pourquoi tous ces acteurs de la Revolution de Velours ont-ils disparu de la scene politique? La plupart ne font plus partie des cercles de pouvoir (politique donc, mais aussi economique, juridique, culturel…). Par contre beaucoup parmi l’elite d’avant 1989 (pas forcement ceux alors aux commandes) ont su retourner leur veste a temps pour renier le passe, saluer la democratie naissante et reprendre les choses en main une fois l’euphorie de cette revolution d’artistes passee, de maniere tres pragmatique, sans etat d’ame et loin de ces reves d’utopie…
    Lire (ou relire) par exemple cet article paru a l’occasion des celebrations des 20 ans de la chute des regimes communistes en Europe: « La défaite des vainqueurs« .

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