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Posts Tagged ‘Europe centrale’

Mitteleuropa, Europe médiane, Europe centrale…

Un article interessant:

Une histoire du concept d’Europe centrale avec Catherine Horel

« Cette Europe qu’on dit centrale, des Habsbourg à l’intégration européenne 1815-2004 », c’est le nom du nouveau livre de Catherine Horel, historienne et directrice de recherche au CNRS.
Le livre est paru en 2009 chez l’éditeur Beauchesne à Paris. C’est un essai de définir cette Europe qu’on dit centrale parce qu’on se rend très vite compte que chacun met derrière ce terme un certain nombre de pensées ou d’arrière pensées, idéologisées ou non sur cette Europe centrale. (lire la suite sur Radio Prague)

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Ici bat le coeur du continent

Comment définir la “Mitteleuropa” ? Pour l’universitaire tchèque Jiří Trávníček, la région se caractérise par un rapport en perpétuelle évolution avec l’histoire, la géographie et la culture. Entretien.

L’Europe centrale existe-t-elle véritablement ?

C’est une question de point de vue. Si vous appliquez une grille de lecture rigide, mêlant l’histoire et la géopolitique, il vous sera difficile de distinguer clairement l’Europe centrale. En revanche, avec une grille de lecture plus nuancée, c’est-à-dire culturelle, vous pourrez trouver quelque chose de ce genre. L’Europe centrale est une espèce conceptuelle extrêmement sauvage. Il convient donc de la ménager. Elle n’a ni frontière, ni empire, ni territoire, qui sont toujours sources de querelles et d’hystérie, contrairement à la culture, même la plus basique (dont la culture culinaire), qui rassemble, relie les choses entre elles et cherche les points communs.

Le concept d’Europe centrale renvoie-t-il donc uniquement à une certaine atmosphère culturelle ou également à un territoire spécifique ?

On dit qu’il est avant tout lié à une certaine atmosphère, mais je pense que l’on doit également parler ici de territoire. Il convient de lui donner des contours concrets, aussi bien temporels que géographiques. Sinon, ce n’est rien d’autre qu’une chose éthérée. Je pense qu’il est possible de délimiter ainsi ce territoire : Munich à l’ouest, Szczecin et Gdansk au nord, Vilnius à l’est, Novi Sad et Trieste au sud… Si l’Europe centrale est concevable sans l’Allemagne, elle est impensable sans les Allemands et encore plus sans la langue allemande, dont la présence sur cet espace était dans le passé culturellement obligatoire.

Comment décririez-vous l’esprit centre-européen à un étranger ?

Je le définirais plutôt de façon négative. Je lui dirais qu’il diffère de ce qui fait l’Europe occidentale, dont les traditions sont bien établies, mais aussi de l’Europe de l’Est (la Russie principalement). Quelque chose entre ordre occidental, civilisation et Asie naissante, dont Metternich disait d’ailleurs qu’elle commençait sur la route orientale menant de Vienne à Rennweg. Je lui expliquerais également que le concept a résisté par gros temps politique. Et j’ajouterais que l’Europe centrale est intimement liée à l’expérience de l’exil. Dans les années 1980, des exilés comme Milan Kundera [né en Tchécoslovaquie et vivant en France depuis 1975] et Czeslaw Milosz [1911-2004, poète et romancier polonais, naturalisé américain, Prix Nobel de littérature en 1980], pour qui le fait que nous puissions être considérés comme une province soviétique était inacceptable, se sont beaucoup interrogés sur la signification du concept d’Europe centrale. Ils ont ainsi été amenés à parler d’“histoire volée” ou encore d’“Occident kidnappé”.

Dans les années 1990, nous avons tous retrouvé l’Europe, mais d’une certaine façon nous avons oublié de revenir en Europe centrale. Il y a aussi chez nous cette thématique très forte : celle du cadavre dans le placard. Considérez par exemple le cas de [l’écrivain hongrois] Péter Esterházy et son roman Harmonia Cælestis, dans lequel il parle avec la plus grande admiration de son père. Il fut révélé, après la publication, que son père avait collaboré avec la police communiste. L’écrivain a dû effectuer une mise au point [dans le livre Revu et corrigé]. En Europe centrale, il est recommandé de ne pas se réjouir ou encenser trop tôt, et donc de ne pas écrire de roman avant que les archives n’aient parlé.

A vous entendre, j’ai le sentiment que l’Europe centrale est liée au passé, à une époque qui n’est plus…

Il en a toujours été ainsi, plus ou moins, enfin en tout cas depuis 1918. L’Europe centrale a toujours baigné dans la nostalgie du passé – celui de l’époque austro-hongroise avant tout, mais également de l’avant-Yalta. Soit nous nous désolons, avec nostalgie, en pensant au passé, soit nous rêvons en imaginant l’avenir. Erhard Busek [politicien autrichien très impliqué dans les questions centre-européennes et balkaniques] a estimé que l’expression “Europe centrale” signifiait le refus du statu quo, la révolte contre ce que l’on appelle la realpolitik. Il s’agirait d’une sorte de présence différée.

On utilise aujourd’hui principalement l’expression “Europe centrale” pour indiquer qu’on n’appartient pas à l’Europe de l’Est. Etes-vous d’accord ?

Oui, mais ce n’est pas propre à l’époque actuelle. Ainsi, après 1989, l’expression a pu être invoquée par les Slovènes, les Croates, les habitants de la province de Voïvodine [en Serbie] et également par quelques Serbes pour signifier une “sortie des Balkans”. J’ai rencontré également quelques Biélorusses qui cherchaient dans l’Europe centrale le moyen de se distancier de Loukachenko, c’est-à-dire de rompre les liens avec le Big Brother de l’Est, un moyen de trouver rapidement une identité de rechange et une nouvelle voie géographico-culturelle…

(lire l’integralité de l’article de Ondřej Horák, journaliste tchèque à la rubrique culturelle du quotidien pragois Hospodářské Noviny)

Le rapprochement USA/Russie inquiète l’Europe centrale et orientale

Le rapprochement USA/Russie inquiète l’Europe [centrale et orientale] (Le Figaro) – je me permets de corriger le titre de l’article qui justement et a juste titre resitue les anciens pays sous domination sovietique a leur place en Europe centrale et orientale, et decrit tres bien quelles sont leurs inquietudes, mais qui tombe finalement dans la facilite en utilisant l’ancienne distinction des blocs Est/Ouest pour qualifier ces pays. Messieurs les journalistes, s’il vous plait, cessez d’utiliser « Europe de l’Est » et relisez ceci: Ne m’appelez plus jamais « Europe de l’Est ». A bon entendeur…

L’apparente lune de miel entre Obama et Medvedev réveille de vieilles craintes à Prague, Varsovie, Budapest et ailleurs, où le souvenir de l’occupation soviétique demeure très présent, dix-neuf ans après la fin de la guerre froide et la désagrégation de l’URSS. Une fois la poignée de main historique échangée avec Dmitri Medvedev, jeudi à Prague, Barack Obama n’était pas ­encore tout à fait au bout de ses peines. Tandis que le président russe regagnait Moscou sitôt la cérémonie de signature du traité Start terminée, son homologue américain s’apprêtait à prolonger son séjour de quelques heures dans la capitale tchèque. Le temps de recevoir à ­dîner onze chefs d’État et de gouvernement d’Europe centrale et orientale à la résidence de l’ambassadeur américain, avant de redécoller vendredi matin pour Washington à bord d’Air Force One. (lire la suite)

Frontières mentales

Europe de l’Ouest, Europe centrale, Europe de l’Ouest, Europe « tout court »… On se rend compte qu’il reste encore du chemin a faire en lisant ce genre d’articles, pourtant publie sur Le Monde dans ce cas-la…

La grippe A décline partout en Europe, sauf en France (Le Monde, 11.12.2009)

  • A l’exception de la France où l’activité grippale continue d’augmenter, l’activité grippale a atteint ou dépassé son pic dans la plupart des pays d’Europe occidentale, dont la Belgique, l’Islande, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Allemagne (…)
  • En Europe du Nord, l’intensité [de l’activité grippale] reste élevée, même si elle a commencé à baisser en Norvège, en Suède et au Danemark (…)
  • En Europe centrale, le virus continue de progresser, notamment en Albanie, République tchèque, Estonie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Pologne, Roumanie, Monténégro, Slovénie et Turquie. (…)

Merci a la personne qui a ecrit ce commentaire: « Aurait-on anticipé le retrait de l’histoire-géo en terminale chez le monde ? L’Europe centrale ne serait pas en Europe ? » A noter aussi qu’il manque le Royaume-Uni et que la Turquie fait partie de l’Europe centrale 🙂

Pour se rafraichir la memoire, (re)lire l’article sur les cartes.

Cartes

6 octobre 2009 3 commentaires

J’aime beaucoup les cartes, alors je me suis amuse a faire quelques comparaisons. Pour l’instant en voila quelques unes seulement, les autres suivront.

Situation en Europe: Paris = 48°51’N 2°21’E / Prague = 50°05’N 14°26’E

FRCZ_map 

Tailles comparees: France = 543 965 km² / Republique tcheque = 78 866 km²

FRCZ_map_taille

Lire la suite…

Europe de l’Est

Je suis sur que, comme moi, vous avez un jour fait l’impardonnable erreur de qualifier la Republique tcheque comme etant un pays d’Europe de l’Est… Et pour l’avoir fait devant des Tcheques, vous avez du etre surpris par leur reaction passionnee et vous vous souvenez encore de ce faux-pas, pourtant bien involotaire (car que ce soit a l’ecole, dans les journaux, a la television, c’est ce que l’on dit en France). Mais les Tcheques auront promptement corrige cette erreur: la Republique tcheque n’est pas un pays d’Europe de l’Est, mais un pays d’Europe centrale! Et meme pour preuve, ils vous diront que Vienne est bien plus a l’est que Prague. Maintenant convaincu de ce fait, vous faites peut-etre comme moi: je ne manque jamais une occasion de corriger mes compatriotes. Alors la prochaine fois, soyez sur de dire: « Europe centrale » 🙂

En echo, je cite un passage de l’article du Monde (voir post precedent) ou Milan Kundera lui aussi s’exprime a ce propos:

Vous vous êtes souvent opposé à être qualifié d’écrivain de l’Est. Qu’est-ce qui vous gêne ?

Une inexactitude, anodine en apparence, est devenue l’une des mystifications de ce siècle. La Hongrie, la Pologne, la Bohême, font, depuis un millénaire, partie du destin occidental, avec l’Eglise catholique, le gothique, la Réforme, la Renaissance, le baroque, etc. Il y a donc la Russie avec son histoire très spécifique, et il y a des pays de l’Ouest sous sa domination. En rebaptisant ceux-ci pays de l’Est, on justifie (géographiquement et historiquement) leur déplacement forcé dans la sphère d’une culture qui leur est totalement étrangère.

Entretien avec Milan Kundera (« Le Massacre de la culture tchèque », « Le Monde des livres » du 19 janvier 1979, propos recueillis par Amber Bousoglou).

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