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Nouvelle donne

Une nouvelle carte de l’Europe tres interessante… ou les pays europeens sont redistribues en fonction de leur histoire (plus ou moins) recente, et ou la Republique tcheque et la Belgique echangent leur place!

People who find their neighbours tiresome can move to another neighbourhood, whereas countries can’t. But suppose they could. Rejigging the map of Europe would make life more logical and friendlier.

(The Economist)

Redrawing the map: The European map is outdated and illogical. Here’s how it should look (The Economist, 29 April 2010). Voir aussi la video correspondante sur le blog: Eastern Approaches.

Belgium’s incomprehensible Flemish-French language squabbles (which have just brought down a government) are redolent of central Europe at its worst, especially the nonsenses Slovakia thinks up for its Hungarian-speaking ethnic minority. So Belgium should swap places with the Czech Republic. The stolid, well-organised Czechs would get on splendidly with their new Dutch neighbours, and vice versa.

Pour d’autres cartes plus ou moins originales, voir l’article… « Cartes« .

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Ici bat le coeur du continent

Comment définir la “Mitteleuropa” ? Pour l’universitaire tchèque Jiří Trávníček, la région se caractérise par un rapport en perpétuelle évolution avec l’histoire, la géographie et la culture. Entretien.

L’Europe centrale existe-t-elle véritablement ?

C’est une question de point de vue. Si vous appliquez une grille de lecture rigide, mêlant l’histoire et la géopolitique, il vous sera difficile de distinguer clairement l’Europe centrale. En revanche, avec une grille de lecture plus nuancée, c’est-à-dire culturelle, vous pourrez trouver quelque chose de ce genre. L’Europe centrale est une espèce conceptuelle extrêmement sauvage. Il convient donc de la ménager. Elle n’a ni frontière, ni empire, ni territoire, qui sont toujours sources de querelles et d’hystérie, contrairement à la culture, même la plus basique (dont la culture culinaire), qui rassemble, relie les choses entre elles et cherche les points communs.

Le concept d’Europe centrale renvoie-t-il donc uniquement à une certaine atmosphère culturelle ou également à un territoire spécifique ?

On dit qu’il est avant tout lié à une certaine atmosphère, mais je pense que l’on doit également parler ici de territoire. Il convient de lui donner des contours concrets, aussi bien temporels que géographiques. Sinon, ce n’est rien d’autre qu’une chose éthérée. Je pense qu’il est possible de délimiter ainsi ce territoire : Munich à l’ouest, Szczecin et Gdansk au nord, Vilnius à l’est, Novi Sad et Trieste au sud… Si l’Europe centrale est concevable sans l’Allemagne, elle est impensable sans les Allemands et encore plus sans la langue allemande, dont la présence sur cet espace était dans le passé culturellement obligatoire.

Comment décririez-vous l’esprit centre-européen à un étranger ?

Je le définirais plutôt de façon négative. Je lui dirais qu’il diffère de ce qui fait l’Europe occidentale, dont les traditions sont bien établies, mais aussi de l’Europe de l’Est (la Russie principalement). Quelque chose entre ordre occidental, civilisation et Asie naissante, dont Metternich disait d’ailleurs qu’elle commençait sur la route orientale menant de Vienne à Rennweg. Je lui expliquerais également que le concept a résisté par gros temps politique. Et j’ajouterais que l’Europe centrale est intimement liée à l’expérience de l’exil. Dans les années 1980, des exilés comme Milan Kundera [né en Tchécoslovaquie et vivant en France depuis 1975] et Czeslaw Milosz [1911-2004, poète et romancier polonais, naturalisé américain, Prix Nobel de littérature en 1980], pour qui le fait que nous puissions être considérés comme une province soviétique était inacceptable, se sont beaucoup interrogés sur la signification du concept d’Europe centrale. Ils ont ainsi été amenés à parler d’“histoire volée” ou encore d’“Occident kidnappé”.

Dans les années 1990, nous avons tous retrouvé l’Europe, mais d’une certaine façon nous avons oublié de revenir en Europe centrale. Il y a aussi chez nous cette thématique très forte : celle du cadavre dans le placard. Considérez par exemple le cas de [l’écrivain hongrois] Péter Esterházy et son roman Harmonia Cælestis, dans lequel il parle avec la plus grande admiration de son père. Il fut révélé, après la publication, que son père avait collaboré avec la police communiste. L’écrivain a dû effectuer une mise au point [dans le livre Revu et corrigé]. En Europe centrale, il est recommandé de ne pas se réjouir ou encenser trop tôt, et donc de ne pas écrire de roman avant que les archives n’aient parlé.

A vous entendre, j’ai le sentiment que l’Europe centrale est liée au passé, à une époque qui n’est plus…

Il en a toujours été ainsi, plus ou moins, enfin en tout cas depuis 1918. L’Europe centrale a toujours baigné dans la nostalgie du passé – celui de l’époque austro-hongroise avant tout, mais également de l’avant-Yalta. Soit nous nous désolons, avec nostalgie, en pensant au passé, soit nous rêvons en imaginant l’avenir. Erhard Busek [politicien autrichien très impliqué dans les questions centre-européennes et balkaniques] a estimé que l’expression “Europe centrale” signifiait le refus du statu quo, la révolte contre ce que l’on appelle la realpolitik. Il s’agirait d’une sorte de présence différée.

On utilise aujourd’hui principalement l’expression “Europe centrale” pour indiquer qu’on n’appartient pas à l’Europe de l’Est. Etes-vous d’accord ?

Oui, mais ce n’est pas propre à l’époque actuelle. Ainsi, après 1989, l’expression a pu être invoquée par les Slovènes, les Croates, les habitants de la province de Voïvodine [en Serbie] et également par quelques Serbes pour signifier une “sortie des Balkans”. J’ai rencontré également quelques Biélorusses qui cherchaient dans l’Europe centrale le moyen de se distancier de Loukachenko, c’est-à-dire de rompre les liens avec le Big Brother de l’Est, un moyen de trouver rapidement une identité de rechange et une nouvelle voie géographico-culturelle…

(lire l’integralité de l’article de Ondřej Horák, journaliste tchèque à la rubrique culturelle du quotidien pragois Hospodářské Noviny)

Ne m’appelez plus jamais « Europe de l’Est »

12 janvier 2010 1 commentaire

L' »Europe de l’Est » ne veut (plus?) rien dire pour qualifier ce groupe tres « vague » de pays d’Europe situes a l’Est du Rhin, quelque part apres l’Allemagne: cela n’a pas de sens geographique (Prague est plus a l’Ouest que Vienne), pas de sens historique (voir le commentaire de Kundera sur ce theme), pas (plus?) de sens geo-strategique-ideologique (1989 c’etait il y a vingt ans). Et voila maintenant, d’apres cet article paru cette semaine dans The Economist, que cela n’a plus de sens non plus du point de vue economique, mais pourtant continue d’etre utilise (pour souvent cacher son ignorance d’ailleurs). Et parfois cela entraine des prejudices economiques pour certains pays « de l’Est » (dont la Republique tcheque) qui se sortent pourtant mieux de la crise actuelle que certains de leurs voisins « de l’Ouest »:

Wrongly labelled: The economic downturn has made it harder to speak sensibly of a region called “eastern Europe” (The Economist, 7 janvier 2010)

It was never a very coherent idea and it is becoming a damaging one. “Eastern Europe” is a geographical oddity that includes the Czech Republic (in the middle of the continent) but not Greece or Cyprus (supposedly “western” Europe but in the far south-east). It makes little sense historically either: it includes countries (like Ukraine) that were under the heel of the Soviet empire for decades and those (Albania, say) that only brushed it. Some of those countries had harsh planned economies; others had their own version of “goulash communism” (Hungary) or “self-managed socialism” (Yugoslavia). Already unreliable in 1989, the label has stretched to meaninglessness as those countries’ fortunes have diverged since the collapse of communism. The nearly 30 states that once, either under their own names or as part of somewhere else, bore the label “communist” now have more differences than similarities. Yet calling them “eastern Europe” suggests not only a common fate under totalitarian rule, but a host of ills that go with it: a troubled history then; bad government and economic misery now. (lire la suite)

Alors une bonne resolution pour tous les lecteurs de ce blog: ne dites plus jamais « Europe de l’Est ». Et faites meme les erudits en corrigeant les autres 🙂

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Frontières mentales

Europe de l’Ouest, Europe centrale, Europe de l’Ouest, Europe « tout court »… On se rend compte qu’il reste encore du chemin a faire en lisant ce genre d’articles, pourtant publie sur Le Monde dans ce cas-la…

La grippe A décline partout en Europe, sauf en France (Le Monde, 11.12.2009)

  • A l’exception de la France où l’activité grippale continue d’augmenter, l’activité grippale a atteint ou dépassé son pic dans la plupart des pays d’Europe occidentale, dont la Belgique, l’Islande, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Allemagne (…)
  • En Europe du Nord, l’intensité [de l’activité grippale] reste élevée, même si elle a commencé à baisser en Norvège, en Suède et au Danemark (…)
  • En Europe centrale, le virus continue de progresser, notamment en Albanie, République tchèque, Estonie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Pologne, Roumanie, Monténégro, Slovénie et Turquie. (…)

Merci a la personne qui a ecrit ce commentaire: « Aurait-on anticipé le retrait de l’histoire-géo en terminale chez le monde ? L’Europe centrale ne serait pas en Europe ? » A noter aussi qu’il manque le Royaume-Uni et que la Turquie fait partie de l’Europe centrale 🙂

Pour se rafraichir la memoire, (re)lire l’article sur les cartes.

Cartes

6 octobre 2009 3 commentaires

J’aime beaucoup les cartes, alors je me suis amuse a faire quelques comparaisons. Pour l’instant en voila quelques unes seulement, les autres suivront.

Situation en Europe: Paris = 48°51’N 2°21’E / Prague = 50°05’N 14°26’E

FRCZ_map 

Tailles comparees: France = 543 965 km² / Republique tcheque = 78 866 km²

FRCZ_map_taille

Lire la suite…

Pour connaître l’Europe, il faut se bourrer la gueule

Ce n’est pas de moi mais de Mr. Schwarzenberg, ancien ministre des affaires etrangeres (qui posait avec moi pour la photo le 14 juillet dernier), lu dans les Chroniques praguoises precedentes (et retranscrit de l’extrait de l’emission TV « Uvolněte se, prosím » de Jan Kraus). La solution a l’integration europeenne? De quoi mediter… avec (ou d’ailleurs peut-etre sans) moderation.

« Ce n’est pas aussi simple que quand j’étais jeune, mais je sais une chose : à la différence des historiens classiques, qui ont partagé les Européens entre Germaniques, Latins et Slaves, je sais qu’il faut les partager entre ceux qui boivent de la bière, ceux qui boivent du vin et ceux qui boivent de l’alcool dur. Les Tchèques, c’est la bière. Les Français, c’est le vin. Les Polonais et les Finlandais, c’est l’alcool dur. Moi, je suis bièro-vino-dur. Mais moi, c’est surtout le vin. C’est pour cela que je me sens vraiment européen : je me bourre la gueule avec tout ce que je veux. Je dirais même qu’on est tous Européens. En République tchèque, on se saoule même sans voyager. Mais vous savez, je dois dire que l’alcool et l’Europe, cela dépend aussi beaucoup où on est… Il n’y a rien de mieux que de la liqueur de prunes en Pologne et un bon whisky en Écosse. Quand je suis à Prague, j’aime aussi le whisky, mais là-bas, c’est mieux. J’essaye de m’adapter, quoi… »

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Anniversaire 1989-2009

20 ans deja… j’avais donc a peine 13 ans et je me souviens de maniere confuse de voir des images de foules plutot joyeuses qui manifestent calmement, et escaladent meme un mur… J’espere que cette symbolique forte d’une Europe enfin reunifiee ne sera pas oubliee 20 ans apres, ou mise en arriere plan comme le suggere pourtant cet article. Dommage.

« Le 20ème anniversaire de la révolution de Velours étroitement suivi […] Mais le successeur de Václav Havel au château présidentiel, l’économiste libéral Václav Klaus, reste pour Paris pratiquement à l’opposé de Václav Havel, un opposant farouche de l’intégration européenne personnifiée selon lui par le Traité de Lisbonne. Voilà le miroir qui risque d’être proposé, au moins vu de France, à la place du gâteau du 20ème anniversaire de la révolution de Velours en République tchèque, croit-on savoir dans beaucoup de salles de rédaction en France. » [Lire la suite / Radio Prague]

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