Archive

Posts Tagged ‘Tchécoslovaquie’

Nés en Bohême et en Moravie – mais oubliés de nous?

7 septembre 2010 1 commentaire

Franz Kafka est bien sur desormais associe a Prague, mais des personalites illustres comme Gustave Mahler, Sigmund Freud, Ferdinand Porsche, Johann Gregor Mendel, ou Oskar Schindler ne sont pas forcement associes a la Bohême ou la Moravie. Et pourtant peu s’en souviennent, mais meme s’ils etaient de langue allemande, ils sont tous nes dans ce qui fait aujourd’hui la Republique tcheque. Une exposition a la Prager Literaturhaus revient sur ceci et presente 12 de ces personalites dont meme les Tcheques ont parfois tendance a oublie qu’ils etaient bien originaires d’ici:

Narozeni v Čechách a na Moravě – u nás (ne)známí? (voir pdf)

Ječná 11, Prague 2. Du 01.-29.09.2010, entree gratuite. Lundi-Jeudi: 10:00-18:00, Vendredi: 9:00-16:00.

Lire aussi (en Anglais):

Czechs recognize German-speaking legacy (Deutsche Welle)

Gustav Mahler, Sigmund Freud and Rainer Maria Rilke may have spoken German, but were born in what is now the Czech Republic. The Czechs haven’t viewed them as fellow countrymen – until recently.

Nostalgie…

… ou memoire courte? Quoi qu’il en soit, une agence de voyage profite du filon « c’etait bien mieux avant » et propose des sejours pour les nostalgiques des vacances d’avant 1989, sous le regime communiste.

Czechs rebrand communist holidays

A Czech travel agency is offering package holidays for people nostalgic for the trade union perks of communist Czechoslovakia, when factory workers were bussed off to recuperate from the daily grind. For a modest sum, guests can stay at a grim-looking hotel in Slovakia’s Tatra Mountains, to relive the sights, sounds, and smells of pre-1989 holidays (lire la suite sur BBC News)

17 novembre 2009 : 20 ans depuis la révolution de velours

Et ironie de l’histoire, je suis malade ce jour la! Pas vu Vaclav Havel, ni les etudiants ou les concerts… Mais en resume (source Radio Prague):

Le 17 novembre : 20 ans depuis la révolution de velours
Ce mardi 17 novembre, 20 ans se sont écoulés depuis la révolution de velours en Tchécoslovaquie, marquant la fin de 41 ans de régime communiste. Plusieurs événements étaient prévus à cette occasion. Conférences, happenings, expositions, et concerts se sont déroulés pendant toute la journée. L’évêque, Václav Malý, une des figures de la dissidence et de l’opposition, a célébré une messe du souvenir. Mardi après-midi, un défilé de près de 5 000 personnes a refait le trajet emprunté il y a 20 ans par les étudiants à partir du quartier d’Albertov à Prague, pour finir dans l’avenue Narodní où un grand concert était organisé.

Le 17 novembre : 70 ans depuis la répression nazie d’une manifestation étudiante
Un peu plus tôt dans la journée de samedi, le président de la République Václav Klaus avait tenu à rendre hommage aux victimes du nazisme en 1939 et notamment à l’étudiant tchèque Jan Opletal. Le 17 novembre est la Journée internationale des étudiants, qui rappelle l’exécution par les nazis d’étudiants tchèques en 1939. Václav Klaus a également déposé une gerbe devant le monument dédié à la mémoire de la manifestation de 1989. Il a été accueilli par les sifflets d’opposants à sa politique mais aussi par les applaudissements de quelques uns de ses partisans. Il était accompagné par le maire de Prague, Pavel Bém, et par le Premier ministre Jan Fischer.

Le 17 novembre : des célébrations moins importantes qu’à Berlin la semaine précédente
Les principaux événements organisés ce mardi étaient organisés par des associations de la société civile et non par le gouvernement ou le président tchèques. Contrairement aux festivités organisées à Berlin la semaine dernière à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur, aucun chef d’Etat étranger n’avait été invité. Pour certains commentateurs, cela est dû au fait que le gouvernement en place n’est pas un gouvernement politique mais un gouvernement de transition. Cela est également dû au fait que l’actuel chef de l’Etat n’a pas souhaité organisé de cérémonie officielle. Václav Klaus avait ce week-end critiqué les cérémonies berlinoises et notamment le fait que les premiers discours ont été prononcés par Nicolas Sarkozy, Dmitri Medvedev, Gordon Brown et Hillary Clinton.

Lire aussi:

Mémoires à vif du communisme

A l’approche de la date anniversaire de la chute du mur, les articles sur les anciens pays du bloc communiste se font plus nombreux et interessants, comme par exemple la serie « Mémoires à vif du communisme » publiee par le Monde cette semaine. Morceaux choisis:

Communisme : les plaies derrière le mur

(…) Vingt ans, ce n’est rien. Une courte phase de transition, après une nuit d’un demi-siècle, pour les pays européens pris dans l’étau soviétique. Il a fallu tout revoir : instaurer le pluralisme politique ; garantir la liberté d’expression et l’émergence de médias indépendants ; assurer l’avènement de la propriété privée et de l’économie de marché. (…) Pendant vingt ans, ils ont dû affronter une question épineuse, à la fois judiciaire, historiographique et politique : comment affronter le passé ? Comment traiter les crimes commis par le régime communiste ? Faut-il épurer les administrations, poursuivre devant les tribunaux les anciens dirigeants ? Aucun pays n’a répondu à ces interrogations de façon tout à fait satisfaisante, car il ne pouvait en être autrement. Les traumatismes sont encore à vif, les archives explosives, les rancœurs tenaces, les exploitations politiques incessantes.

(…) En République tchèque par exemple, la génération des signataires de la Charte 77, qui avait joué un rôle pionnier dans la lutte contre le régime, n’a pas réellement trouvé sa place dans la modernité. Seul le dramaturge Vaclav Havel, devenu président, a su s’imposer, par son charisme, au sommet de la vie politique.

La défaite des vainqueurs

(…) « On a dit parfois que la décomposition du régime communiste a duré dix ans en Pologne, dix mois en Hongrie, dix semaines en Allemagne de l’Est et dix jours en République tchèque. »

(…) En apparence, l’histoire de ces vingt dernières années marque la victoire des anciens opposants, la récompense de leur courage : en 1989, le pouvoir totalitaire s’est effondré sans effusion de sang ; Tchèques et Slovaques ont divorcé sans heurts ; par la voix de son premier président, Vaclav Havel, le pays s’est fait entendre dans le monde d’une façon inespérée, vu sa petite taille, et a rejoint l’Union européenne en 2004. Pourtant, d’où vient ce sentiment étrange que la République tchèque est entrée dans l’ère moderne sans les chartistes ? Que ces derniers ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la confrontation et la clandestinité, mais n’ont pas tout à fait trouvé leur place sous le nouveau régime ?

(…) « Le nationalisme tchèque est un phénomène très original. Les Hongrois ou les Polonais sont fiers de leur peuple. Les Tchèques, eux, disent qu’ils sont les seuls en Europe centrale à ne pas être nationalistes, ils prétendent que leur substance est démocratique. J’ai peur que Klaus soit le représentant de cette idéologie, qui explique sa défiance envers l’UE. » (Bohumil Dolezal)

(…) Havel contre Klaus. Les deux rivaux ne laissent personne indifférents, tant le contraste paraît fort entre leurs parcours et leurs convictions. « Historiquement, Klaus avait raison. Klaus voulait créer un vrai parti. Hélas, la plupart d’entre nous, intellectuels et dissidents, n’étaient pas prêts à se plier aux nécessités de la vie politique, à la volonté de la majorité, à une organisation de la base au sommet. Instinctivement, nous n’acceptions pas la discipline partisane. » (Petr Pithart)

(…) Dans un article retentissant, publié il y a vingt ans, [Jirina Siklova] avait inventé une expression qui a fait florès dans le débat public : celle de « zone grise ». Elle en mime le sens sur la table basse, à l’aide de biscuits secs. On croirait un entraîneur de football préparant un match sur tableau noir. « Ça, c’était les dissidents, et ça, c’était la nomenklatura en place. J’ai expliqué qu’aucun des deux groupes ne pourrait prétendre au pouvoir. Que seuls des gens issus de la zone grise, de la majorité que constituait l’opinion publique silencieuse, devraient arriver aux responsabilités. Klaus, en ce sens, est le roi de la zone grise. »

Comme en echo a ces deux articles, quelques sujets d’actualite lus aujourd’hui me paraissent refleter ce sentiment d’une societe encore en transition, toujours en mouvement, mais qui a bien change en 20 ans et est desormais bien ancree au reste de l’Europe « de l’Ouest »: Les Tcheques sont, parmi les anciens du bloc de l’Est, les plus satisfaits des changements et pensent qu’ils vivent mieux maintenant qu’avant 1989 (« Czechs say they live better than under communism » – source: Prague Monitor). Vaclav Havel regrette d’avoir trop ecoute les economistes apres 1989 et pense qu’il aurait du renforcer l’idee de morale dans la societe et en politique (« Havel says he should have trusted economists less after 1989 » – source: ceskenoviny.cz). Et la Republique tcheque est semble-t’il prete a ratifier le Traite de Lisbonne des aujourd’hui (« Feu vert tchèque au traité de Lisbonne » – source: Le Monde).

Meme si parfois j’ai l’impression que les mentalites ne changent pas assez vite, que certaines choses tardent a se mettre en place ou a disparaitre (et je ne prends pas forcement exemple sur la France, loin de la), je ne peux que rendre hommage aux Tcheques pour ce qu’ils ont fait en a peine deux decennies. Il est facile de l’exterieur de donner des lecons, mais moins evident de se remettre en question et changer de cap avec au final si peu de heurts… Bravo donc.

41ème anniversaire de l’écrasement du Printemps de Prague

21082009659 21082009660 21082009661

Je me suis retrouve ce matin bloque sur Vinohradska, a hauteur de la Radio tcheque, mon tramway etant immobilise comme beaucoup d’autres par les forces de l’ordre, et donc oblige de finir le trajet vers Muzeum a pied… Je pensais tout d’abord qu’il s’agissait de l’inauguration du batiment de la Radio tcheque qui a ete renove ces derniers mois, mais il s’agissait en fait des commemorations du 41eme anniversaire de l’ecrasement du Printemps de Prague…

« Un acte de piété se tient ce vendredi matin devant le bâtiment de la Radio tchèque à l’occasion du 41e anniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie le 21 août 1968. A l’époque, cette intervention militaire avait mis fin à la période de relative liberté appelée « Le Printemps de Prague ». Le Premier ministre, Jan Fischer, et le président de la Chambre des députés, Miloslav Vlček, ont notamment assisté à la cérémonie. » [Lire la suite / Radio Prague]

Pour plus d’information, lire par exemple les articles Wikipedia sur le Printemps de Prague ou Radio Prague. Ou encore (re)voir les photos de Josef Koudelka devant la maison de la radio.

%d blogueurs aiment cette page :