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Posts Tagged ‘Traité de Lisbonne’

Il a signé!

Ca y est, fin de la saga « Traite de Lisbonne » hier mardi 3 novembre: le president Vaclav Klaus a signe le document, la Republique tcheque devenant le dernier pays de l’UE a ratifier le traite qui pourrait entrer en vigueur des le 1er decembre. En attendant le prochain episode des aventures de Mr Klaus envers et contre tous?

Radio Prague publie aujourd’hui dans sa version anglaise l’interview du journaliste Jan Machacek sur les consequences negatives de ces derniers mois sur l’image et la reputation du pays a l’etranger: « Ratification delay has hurt the Czech Republic« …

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Signera, signera pas

Je n’ai meme pas le courage de tenter de commenter ou meme de seulement referencer les recents episodes concernant la ratification du traite de Lisbonne par la Republique tcheque tant les articles, rebondissements et petites phrases se succedent ces derniers jours… je voulais juste indiquer les resultats de deux sondages recents [ceskenoviny.cz]:

  • 3/5 des Tcheques pensent que la position du president Vaclav Klaus est dommageable pour l’image du pays et autant pensent qu’elle affaiblit le pays au sein de l’UE
  • mais dans le meme temps, selon un autre sondage, 2/3 des Tcheques soutiennent la croisade de leur president contre le traite et presque autant pensent que le traite sans addendum menacerait les decrets Benes…

C’est a n’y rien comprendre. Ou alors les strategies de communication de chacun des antagonistes semblent porter leurs fruits. Une chose est sure, c’est que Mr Klaus sait jouer sur les sentiments et les peurs des Tcheques et parvient comme toujours a retourner l’opinion contre ses opposants. Et tous ces commentaires venant de l’etranger allant meme jusqu’a demander de destituer le president tcheque jouent en faveur de ce dernier, et non pas contre lui: les Tcheques craignent et se mefient de leurs voisins, et leur histoire les conforte plutot dans cette attitude (comme je l’avais d’ailleurs ecrit precedemment, voir: Circonlocutions dilatoires, mais aussi en contradiction avec la Méthode douce suggeree plus tot…). D’ailleurs comment la France reagirait-elle si la Republique tcheque lui sommait de faire telle ou telle chose, voire meme de destituer son president?

Dommage, et pas tres bon pour l’image d’une construction europeenne democratique (ce qui une nouvelle fois conforte Mr Klaus dans sa position…). Il aurait ete plus judicieux a mon avis de faire pression par des moyens moins visibles et plus pragmatiques (ce qu’aime les Tcheques) et utiliser le gouvernement pour regler cela de maniere locale et interieure, « tcheco-tcheque » je dirais, pour tenter d’aboutir a une situation de gagnant-gagnant a la fin.

Méthode douce

Il semble donc que le president polonais Lech Kaczynski signera dimanche prochain le traite de Lisbonne. Il ne restera donc plus que la Republique tcheque, le dernier pays des 27 a ne pas l’avoir encore ratifie. Mais je suis plutot satisfait de voir que l’approche utilisee par Bruxelles est desormais differente, « l’UE adopte la méthode douce face au président tchèque« :

« L’attitude du président tchèque irrite Paris et Berlin. Mais les différents acteurs européens semblent s’être parfaitement coordonnés pour exercer une « pression douce » sur Prague sans braquer M. Klaus, et en évitant soigneusement d’éveiller tout sentiment anti-européen au sein de la population » [Le Monde date du 7 octobre]

Lire aussi la note precedente sur le meme sujet: « Circonlocutions dilatoires« .

Circonlocutions dilatoires

5 octobre 2009 1 commentaire

Les articles faisant reference a la Republique tcheque se bousculent ce lundi matin (et encore je ne cite que ceux de Le Monde): L’Irlande dit « oui » au traité de Lisbonne, l’UE met la pression sur les Tchèques, Derrière le référendum irlandais, l’obstacle tchèque, La France encourage vivement Londres et Prague à signer le traité de Lisbonne.

Voila quelques reflexions qui me viennent a l’esprit en lisant ca…

Aucun pays n’aime se faire forcer la main, et encore moins la Republique tcheque, surtout au vu de son passe sous domination de puissances etrangeres. Pourquoi la diplomatie de l’UE continue a se borner a utiliser cette methode pour tenter de les influencer? Elle ne marche pas, et au contraire retourne l’opinion contre l’UE… Pourquoi ne pas donner des contreparties de « pouvoir » a l’adoption (e.g. postes de Commissaires?) – cela aurait ete a mon avis une meilleure approche de persuasion, plus pragmatique. Les Tcheques (et autres « petits pays ») veulent montrer qu’ils existent et qu’ils sont capables. D’apres les dernieres rumeurs, cette approche serait en discussion.

Peut-etre en echo au premier point, Mr. Klaus adore qu’on parle de lui, adore etre l’homme de la derniere chance, seul contre tous, l’ultime rempart des libertes et des droits de l’homme contre toutes les dictatures. Pourquoi les pro-Lisbonne s’obstinnent a le renforcer dans cette position? Posture qui en plus le rend plus populaire aux yeux des Tcheques, du coup hostiles contre ceux qui tentent d’imposer leurs vues de l’exterieur? Pourquoi lui donner cette opportunite d’etre au premier plan et avoir le dernier mot? Au contraire, pourquoi ne pas l’isoler et dialoguer avec ceux qui representent les Tcheques d’apres la Constitution, i.e. le gouvernement et le Premier Ministre?

J’aimerais aussi savoir a qui profite vraiment cette situation dans le pays. Je serais aussi curieux de voir quel impact a eu Mr. Klaus sur l’image des Tcheques dans le monde, les medias ayant tendance a associer les dirigeants avec leurs citoyens (meme si dans ce cas, Mr. Klaus n’a pas ete elu directement et en theorie n’a qu’un role protocolaire). En tout cas, 44% des Tcheques pensent qu’un nouveau retard est mauvais pour l’image du pays au sein de l’UE (contre 37% et 19% sans opinion) et 43% souhaitent une ratification immediate du Traite.

Le Traite de Lisbonne a deja ete ratifie par les deux chambres – pourquoi personne n’insiste sur l’inconstitutionnalite de la decision du president d’attendre encore et toujours? Lui qui n’a pas d’apres la Constitution tcheque de role politique depasse les termes de son mandat en bloquant un processus politique… Au passage, je trouve aussi assez amusant de voir Mr. Klaus utiliser la cour consitutionnelle pour retarder une nouvelle fois la signature du Traite, alors qu’il avait blame cette meme cour constitutionnelle pour le chaos politique du mois dernier.

Finalement, je suis agreablement surpris en lisant la presse francaise de voir a quel point notre pays est desormais pro-Europe, et soutien avec tant de verve le Traite de Lisbonne, alors qu’en 2005 c’etait bien le non francais qui avait mis un terme a l’adoption de la constitution europeenne et conduit a la situation actuelle… Nouvelles mentalites dans l’hexagone, ou campagne de communication assez habile pour faire de la France LA championne de l’UE, envers et contre tous, mais en particulier contre ces mechants Tcheques, Mr. Klaus incarnant parfaitement le vilain de la fable. M. Lellouche (nouveau secretaire d’Etat aux affaires europeennes) a meme declare qu’il y a « trop longtemps que l’Europe ne s’occupe plus que de son nombril » et demande aux Tcheques de « ne pas se perdre en circonlocutions dilatoires » sur l’approbation definitive du traite de Lisbonne. Je reve.

Chroniques praguoises

Merci Arte  pour ces chroniques praguoises!!! Je viens de les decouvrir: 24 episodes pour ce feuilleton de la presidence tcheque – a voir et a revoir, pour le meilleur et pour le pire. Une serie qui d’ailleurs n’en finit toujours pas…

À l’occasion de la présidence tchèque de l’Union européenne, faisons mieux connaissance avec le personnel politique, les médias et l’humour tchèque. Par Alexander Knetig 

Lire la suite…

Revue de presse

Les articles se bousculent cette semaine, actualite oblige. En voila deux qui resument bien ce qu’il se passe sur le plan exterieur:

Varsovie et Prague déplorent le revirement de Barack Obama et repensent leur sécurité. La Pologne et la République tchèque n’ont pas été prises de court par l’annonce américaine de renoncer au projet de bouclier antimissile, tant elle se dessinait ces derniers mois. Elle n’en reste pas moins une déception, devant laquelle les dirigeants de ces pays essayaient de faire bonne figure, jeudi 17 septembre. En acceptant d’accueillir sur leur sol des éléments du « bouclier », Prague et Varsovie comptaient asseoir leur propre sécurité. Dans ces deux pays, une sensibilité particulière se perpétue vis-à-vis de la Russie, aux aspirations hégémoniques dans sa périphérie. Les Américains représentent depuis longtemps un puissant protecteur, contrairement à l’Union européenne, qui n’a ni défense ni politique étrangère commune. [Lire la suite / Le Monde]

mais aussi interieur:

La République tchèque s’enfonce dans la crise politique alors qu’elle n’a toujours pas ratifié le traité de Lisbonne. La vie politique tchèque ne tourne plus rond depuis le renversement du gouvernement du libéral Mirek Topolanek le 24 mars, en pleine présidence tchèque de l’Union européenne, et cette instabilité croissante inquiète ses partenaires européens. Le chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt, dont le pays préside l’Union européenne depuis juillet, a fait part de son incompréhension, mardi 15 septembre, à Bruxelles. « Nous avons toujours besoin d’explications de la part de nos amis tchèques pour suivre l’évolution politique rapide dans leur pays », a-t-il déclaré. Son homologue pragois, Jan Kohout, a concédé qu' »il se passe à Prague des choses difficiles à expliquer à nos partenaires ». [Lire la suite / Le Monde]

L’economie ne semble pour l’instant pas affectee par ces nouvelles crises politiques, avec un taux change de change a pres de 25 Kc pour 1 euro! [voir taux / Komercni banka].

Anniversaire 1989-2009

20 ans deja… j’avais donc a peine 13 ans et je me souviens de maniere confuse de voir des images de foules plutot joyeuses qui manifestent calmement, et escaladent meme un mur… J’espere que cette symbolique forte d’une Europe enfin reunifiee ne sera pas oubliee 20 ans apres, ou mise en arriere plan comme le suggere pourtant cet article. Dommage.

« Le 20ème anniversaire de la révolution de Velours étroitement suivi […] Mais le successeur de Václav Havel au château présidentiel, l’économiste libéral Václav Klaus, reste pour Paris pratiquement à l’opposé de Václav Havel, un opposant farouche de l’intégration européenne personnifiée selon lui par le Traité de Lisbonne. Voilà le miroir qui risque d’être proposé, au moins vu de France, à la place du gâteau du 20ème anniversaire de la révolution de Velours en République tchèque, croit-on savoir dans beaucoup de salles de rédaction en France. » [Lire la suite / Radio Prague]

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