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Posts Tagged ‘Vaclav Klaus’

Smoking, please

Merci Monsieur Klaus, encore un si noble combat a votre actif… Apres on s’etonne que le pays mette autant de temps a s’aligner sur les autres pays europeens en matiere d’interdiction de fumer… Certains restaurants sont bien passes non-fumeurs cet ete, mais dans la tres grande majorite je ne l’ai meme pas remarque…

Philip Morris, le plus grand producteur de cigarettes en République tchèque a ouvert une nouvelle filiale dans la ville de Kutná Hora qui lui permettra d’augmenter sa capacité de production de 30 à 40 millions de cigarettes par an. La bande lors de la cérémonie d’ouverture a été coupée par le président de la République, Václav Klaus. Une occasion pour lui de souhaiter à la firme Philip Morris de résister aux mesures imposées par l’Union européenne qui, d’après lui, lutte contre la cigarette « d’une manière ridicule ». (Radio Prague)

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Paris et Prague se fâchent sur la question des Roms

30 août 2010 1 commentaire

Un nouvel incident est venu perturber les relations parfois tendues ces dernières années entre les gouvernements français et tchèque. Samedi, dans le quotidien Lidové Noviny, le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg a condamné la politique française de renvoi des Roms en Roumanie et en Bulgarie. Des critiques jugées malvenues par les responsables politiques français. (…) Karel Schwarzenberg est revenu à la télévision publique tchèque sur ses propos, jugeant qu’ils n’avaient pas été fidèlement retranscrits dans le quotidien tchèque (…) pour apaiser la situation, mais le gouvernement tchèque reste derrière son ministre. Le Premier ministre Petr Nečas a certes qualifié de « hâtifs » les propos du ministre des Affaires étrangères mais il a d’autre part critiqué l’arrogance de la France qui n’a invité ni la Roumanie, ni la Bulgarie, ni la République tchèque, à une rencontre informelle sur l’immigration entre différents ministres européens (lire la suite sur Radio Prague).

         

Après le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, c’est le président de la République tchèque, Václav Klaus, qui critique les expulsions de Roms roumains par la France. Pour le chef de l’Etat, il s’agit d’une politique « non réfléchie ». « Je ne veux pas commenter ce qu’a dit le ministre Schwarzenberg, mais tout le monde sait que je ne suis pas d’accord avec presque tout ce que fait le président Nicolas Sarkozy », a déclaré Václav Klaus au quotidien Lidové Noviny (source Radio Prague).

14 juillet 2010

15 juillet 2010 2 commentaires

Quelques photos de ce 14 juillet 2010 a l’ambassade de France en Republique tcheque, sous le signe de la canicule: on a enregistre hier 35,4°C au Klementinum de Prague, soit la temperature la plus elevee depuis l’ete 1832! Heureusement, il y avait (beaucoup) a boire…

Apres l’ambassade et comme l’annee passee, la soiree a continue a deux pas de la, au marche francais de Kampa. Avant de repartir vers les hauteurs de Vinohrady sur la rive opposee, a pied – la soiree etant si belle…

Il a signé!

Ca y est, fin de la saga « Traite de Lisbonne » hier mardi 3 novembre: le president Vaclav Klaus a signe le document, la Republique tcheque devenant le dernier pays de l’UE a ratifier le traite qui pourrait entrer en vigueur des le 1er decembre. En attendant le prochain episode des aventures de Mr Klaus envers et contre tous?

Radio Prague publie aujourd’hui dans sa version anglaise l’interview du journaliste Jan Machacek sur les consequences negatives de ces derniers mois sur l’image et la reputation du pays a l’etranger: « Ratification delay has hurt the Czech Republic« …

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Mémoires à vif du communisme

A l’approche de la date anniversaire de la chute du mur, les articles sur les anciens pays du bloc communiste se font plus nombreux et interessants, comme par exemple la serie « Mémoires à vif du communisme » publiee par le Monde cette semaine. Morceaux choisis:

Communisme : les plaies derrière le mur

(…) Vingt ans, ce n’est rien. Une courte phase de transition, après une nuit d’un demi-siècle, pour les pays européens pris dans l’étau soviétique. Il a fallu tout revoir : instaurer le pluralisme politique ; garantir la liberté d’expression et l’émergence de médias indépendants ; assurer l’avènement de la propriété privée et de l’économie de marché. (…) Pendant vingt ans, ils ont dû affronter une question épineuse, à la fois judiciaire, historiographique et politique : comment affronter le passé ? Comment traiter les crimes commis par le régime communiste ? Faut-il épurer les administrations, poursuivre devant les tribunaux les anciens dirigeants ? Aucun pays n’a répondu à ces interrogations de façon tout à fait satisfaisante, car il ne pouvait en être autrement. Les traumatismes sont encore à vif, les archives explosives, les rancœurs tenaces, les exploitations politiques incessantes.

(…) En République tchèque par exemple, la génération des signataires de la Charte 77, qui avait joué un rôle pionnier dans la lutte contre le régime, n’a pas réellement trouvé sa place dans la modernité. Seul le dramaturge Vaclav Havel, devenu président, a su s’imposer, par son charisme, au sommet de la vie politique.

La défaite des vainqueurs

(…) « On a dit parfois que la décomposition du régime communiste a duré dix ans en Pologne, dix mois en Hongrie, dix semaines en Allemagne de l’Est et dix jours en République tchèque. »

(…) En apparence, l’histoire de ces vingt dernières années marque la victoire des anciens opposants, la récompense de leur courage : en 1989, le pouvoir totalitaire s’est effondré sans effusion de sang ; Tchèques et Slovaques ont divorcé sans heurts ; par la voix de son premier président, Vaclav Havel, le pays s’est fait entendre dans le monde d’une façon inespérée, vu sa petite taille, et a rejoint l’Union européenne en 2004. Pourtant, d’où vient ce sentiment étrange que la République tchèque est entrée dans l’ère moderne sans les chartistes ? Que ces derniers ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans la confrontation et la clandestinité, mais n’ont pas tout à fait trouvé leur place sous le nouveau régime ?

(…) « Le nationalisme tchèque est un phénomène très original. Les Hongrois ou les Polonais sont fiers de leur peuple. Les Tchèques, eux, disent qu’ils sont les seuls en Europe centrale à ne pas être nationalistes, ils prétendent que leur substance est démocratique. J’ai peur que Klaus soit le représentant de cette idéologie, qui explique sa défiance envers l’UE. » (Bohumil Dolezal)

(…) Havel contre Klaus. Les deux rivaux ne laissent personne indifférents, tant le contraste paraît fort entre leurs parcours et leurs convictions. « Historiquement, Klaus avait raison. Klaus voulait créer un vrai parti. Hélas, la plupart d’entre nous, intellectuels et dissidents, n’étaient pas prêts à se plier aux nécessités de la vie politique, à la volonté de la majorité, à une organisation de la base au sommet. Instinctivement, nous n’acceptions pas la discipline partisane. » (Petr Pithart)

(…) Dans un article retentissant, publié il y a vingt ans, [Jirina Siklova] avait inventé une expression qui a fait florès dans le débat public : celle de « zone grise ». Elle en mime le sens sur la table basse, à l’aide de biscuits secs. On croirait un entraîneur de football préparant un match sur tableau noir. « Ça, c’était les dissidents, et ça, c’était la nomenklatura en place. J’ai expliqué qu’aucun des deux groupes ne pourrait prétendre au pouvoir. Que seuls des gens issus de la zone grise, de la majorité que constituait l’opinion publique silencieuse, devraient arriver aux responsabilités. Klaus, en ce sens, est le roi de la zone grise. »

Comme en echo a ces deux articles, quelques sujets d’actualite lus aujourd’hui me paraissent refleter ce sentiment d’une societe encore en transition, toujours en mouvement, mais qui a bien change en 20 ans et est desormais bien ancree au reste de l’Europe « de l’Ouest »: Les Tcheques sont, parmi les anciens du bloc de l’Est, les plus satisfaits des changements et pensent qu’ils vivent mieux maintenant qu’avant 1989 (« Czechs say they live better than under communism » – source: Prague Monitor). Vaclav Havel regrette d’avoir trop ecoute les economistes apres 1989 et pense qu’il aurait du renforcer l’idee de morale dans la societe et en politique (« Havel says he should have trusted economists less after 1989 » – source: ceskenoviny.cz). Et la Republique tcheque est semble-t’il prete a ratifier le Traite de Lisbonne des aujourd’hui (« Feu vert tchèque au traité de Lisbonne » – source: Le Monde).

Meme si parfois j’ai l’impression que les mentalites ne changent pas assez vite, que certaines choses tardent a se mettre en place ou a disparaitre (et je ne prends pas forcement exemple sur la France, loin de la), je ne peux que rendre hommage aux Tcheques pour ce qu’ils ont fait en a peine deux decennies. Il est facile de l’exterieur de donner des lecons, mais moins evident de se remettre en question et changer de cap avec au final si peu de heurts… Bravo donc.

Signera, signera pas

Je n’ai meme pas le courage de tenter de commenter ou meme de seulement referencer les recents episodes concernant la ratification du traite de Lisbonne par la Republique tcheque tant les articles, rebondissements et petites phrases se succedent ces derniers jours… je voulais juste indiquer les resultats de deux sondages recents [ceskenoviny.cz]:

  • 3/5 des Tcheques pensent que la position du president Vaclav Klaus est dommageable pour l’image du pays et autant pensent qu’elle affaiblit le pays au sein de l’UE
  • mais dans le meme temps, selon un autre sondage, 2/3 des Tcheques soutiennent la croisade de leur president contre le traite et presque autant pensent que le traite sans addendum menacerait les decrets Benes…

C’est a n’y rien comprendre. Ou alors les strategies de communication de chacun des antagonistes semblent porter leurs fruits. Une chose est sure, c’est que Mr Klaus sait jouer sur les sentiments et les peurs des Tcheques et parvient comme toujours a retourner l’opinion contre ses opposants. Et tous ces commentaires venant de l’etranger allant meme jusqu’a demander de destituer le president tcheque jouent en faveur de ce dernier, et non pas contre lui: les Tcheques craignent et se mefient de leurs voisins, et leur histoire les conforte plutot dans cette attitude (comme je l’avais d’ailleurs ecrit precedemment, voir: Circonlocutions dilatoires, mais aussi en contradiction avec la Méthode douce suggeree plus tot…). D’ailleurs comment la France reagirait-elle si la Republique tcheque lui sommait de faire telle ou telle chose, voire meme de destituer son president?

Dommage, et pas tres bon pour l’image d’une construction europeenne democratique (ce qui une nouvelle fois conforte Mr Klaus dans sa position…). Il aurait ete plus judicieux a mon avis de faire pression par des moyens moins visibles et plus pragmatiques (ce qu’aime les Tcheques) et utiliser le gouvernement pour regler cela de maniere locale et interieure, « tcheco-tcheque » je dirais, pour tenter d’aboutir a une situation de gagnant-gagnant a la fin.

Méthode douce

Il semble donc que le president polonais Lech Kaczynski signera dimanche prochain le traite de Lisbonne. Il ne restera donc plus que la Republique tcheque, le dernier pays des 27 a ne pas l’avoir encore ratifie. Mais je suis plutot satisfait de voir que l’approche utilisee par Bruxelles est desormais differente, « l’UE adopte la méthode douce face au président tchèque« :

« L’attitude du président tchèque irrite Paris et Berlin. Mais les différents acteurs européens semblent s’être parfaitement coordonnés pour exercer une « pression douce » sur Prague sans braquer M. Klaus, et en évitant soigneusement d’éveiller tout sentiment anti-européen au sein de la population » [Le Monde date du 7 octobre]

Lire aussi la note precedente sur le meme sujet: « Circonlocutions dilatoires« .

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